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Retour de lecture : Le Livre Jaune de Michael Roch

Je vous préviens, ce retour de lecture va être difficile à écrire. Je n’ai pas seulement lu le livre, je l’ai vécu. En lisant cet article, vous comprendrez pourquoi.

Le protagoniste de l’histoire est un pirate, hanté par une phrase « je ne t’aime plus et je ne sais pas pourquoi ». Il se pense mort. Parviendra-t-il à trouver le chemin qui le ramènera à la vie ?

Ce court résumé ne rend absolument pas justice au livre. C’est bien plus que ça : un conte féerique et philosophique, une odyssée, un rite initiatique, l’histoire d’une mort et d’une renaissance.

Ce n’est pas tous les jours ou tous les livres qu’une écriture vous saute à la figure et vous ensorcele. Je ne m’attendais pas du tout à ça en lisant cet ouvrage. Le style poétique de l’auteur est tout simplement magique, les mots sont de pures émotions et ils ne délivrent pas seulement du sens mais aussi des sensations. Je dois vous avouer qu’on début, j’étais aussi perdue que le pirate. Je relisais les phrases plusieurs fois. Elles me parlaient, pourtant je ne savais pas ce qu’elles me disaient. Ce n’est pas seulement l’histoire d’un pirate que je lisais mais aussi la mienne. Et je parie ami(e) lecteur/lectrice, qu’il pourrait s’agir de la tienne aussi.

Dans le Livre Jaune, nous suivons les péripéties d’un pirate en quête de réponses accompagné d’un guide aveugle, Maar. Tout le monde devrait avoir un Maar dans sa vie, ce sage à moitié fou qui déclame des phrases que l’on croirait sorties d’une pochette surprise et qui pourtant sont véridiques.

Voilà ce que mon Maar à moi dirait :

« Qu’elle comprend enfin qu’elle écrit une chronique qui ne rendra jamais justice au livre. »

Mais enfin, Maar, je ne t’ai rien demandé ! C’est facile de dire aux autres qu’ils sont dans l’illusion alors qu’on est soi-même aveugle !

Mon Maar un peu vexé me répondrait sûrement :

« Qu’elle n’a pas besoin d’être aussi mal polie pour prouver qu’elle a raison ! Qu’on ne peut être heureux en étant toujours seul et qu’on a parfois besoin d’un ami.  »

Je mentionnerai le Roi Jaune qui est aussi terrifiant que fascinant. Je ne peux vous en dire plus car c’est à vous de trouver votre chemin dans cette histoire.

J’allais presque oublier la mystérieuse Ananova, la femme que le pirate a tant aimée. Le récit- et récifs- de leurs amours, de leur passion et de son naufrage restera à jamais avec moi. Sait-on vraiment au fond ce qu’est l’amour ? Qui aimons-nous vraiment quand nous déclarons aimer l’autre ?

En résumé, ce livre est un véritable voyage, une expérience unique hors des sentiers battus et je vous recommande de vous y aventurer. Vous vous perdrez pour mieux vous retrouver.

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Retour de lecture : L’affaire Rose Keller de Ludovic Miserole

Une fois n’est pas coutume, cette journée sera consacrée à mes récentes lectures. Tout d’abord, je tiens à m’excuser, j’aurais voulu poster une image « à la Marine » (😜 😜😜)mais le seul fouet que je possède est dans un tiroir de ma cuisine…

Ce livre est un polar historique. Qui dit histoire, ne dit pas forcément ennuyeux à mourir. On a tous eu cet enseignant d’histoire qui parvient à resuciter avec passion le passé et ses morts. Ludovic Miserole est ce prof. Les Crimes du Marquis est une enquête policière fascinante et l’auteur, grâce à sa plume magique vous fait entrer dans les méandres ténébreux du XVIIIeme siècle. La trame se fonde sur un fait réel, Rose Keller, une veuve digne mais pauvre, accepte de suivre le Marquis de Sade et se retrouve séquestrée entre les mains d’un homme dangereux qui ne connaît aucune limite. Vous vous souvenez tous de la scène de blasphème de l’exorciste avec le fameux crucifix ? Sachez que c’est une version édulcorée comparée aux supplices imposés par le marquis. L’homme est peu sympathique, il est prêt à tout pour défendre ce qu’il considère sa « liberté absolue » et tant pis si ça signifie imposer la souffrance à autrui. Il est incapable d’amour. Sa femme l’aime aveuglement et le marquis la manipule sans scrupules pour contrer les attaques de sa belle famille, qui n’en peut plus des frasques du Marquis.

Personne ne semble pouvoir arrêter ce monstre. Tout le monde sait mais personne ne fait rien.

L’intrigue est haletante grâce au personnage de Julie Follecuisse, une victime et adversaire farouche du marquis, muée par un désir de vengeances ainsi que plusieurs personnages secondaires qui donnent le ton et la couleur de ce siècle fait de paradoxes. Malheureusement, on s’aperçoit aussi que certaines choses n’ont pas beaucoup changé. Les plus forts ont toujours l’avantage sur les plus faibles. La justice n’est jamais la même pour les peuple et les aristocrates.

Le mythe du Marquis, penseur alternatif et inoffensif, est mis à mal. Ludovic Miserole a inclu des documents, des témoignages ainsi que l’examen médical de Rose Keller. Il vous invite à réfléchir et à vous faire votre propre opinion sur cet homme. N’hésitez pas à vous plonger dans ce roman, c’est une véritable réussite m.

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« Hai »

Chaque journée commençait toujours de la même manière pour Beatrice Snowflake. Pour certains, la routine est l’hymne de la certitude, du contrôle et du confort. La vie de la jeune scientifique était donc réglée de façon logique et mécanique. Le réveil à cinq heures, la tasse de thé bio -sans sucre et sans lait – suivi du rituel des vêtements. Les chaussures, en tout point identiques, attendaient patiemment que leur maitresse ne les porte. Il en était de même pour les tailleurs gris qui semblaient se multiplier à l’infini dans la penderie. Non, rien n’avait préparé Béatrice à ce petit grain de sable qui viendrait enrayer les rouages impeccables de son petit monde…
Ce matin-là, la jeune femme se rendait sur son lieu de travail, quand une camionnette blanche s’était arrêtée à sa hauteur. Deux hommes en étaient brusquement sortis et avaient poussée la scientifique dans le véhicule. Une fois l’effet de surprise passé, elle avait réalisé avec horreur qu’il s’agissait d’un enlèvement. Les mécanismes de survie les plus élémentaires s’étaient engagés.
— Je travaille pour le gouvernement. On va s’apercevoir de mon absence et vous allez avoir de très très gros problèmes. Pour résumer, vous n’avez aucune chance, avait-elle lancé sur le ton de la menace. Deux hommes, assis en face d’elle, l’observaient en silence. L’un d’entre deux, était un vieillard. Les traits de son visage étaient durs et sa peau tannée. Ses longs cheveux blancs ne parvenaient pas totalement à adoucir ce portrait. Ses yeux étaient perçants que ceux d’un aigle. En dépit de son âge, on sentait sa grande force. Un jeune homme se tenait à ses côtés, Béatrice décela une certaine ressemblance entre les deux individus. Il tentait de lui sourire timidement pour la rassurer. Cette situation était bizarre. L’esprit de la jeune femme analysa froidement la situation. Ils n’avaient pas d’armes et ils ne l’avaient pas menacée, même pas touchée. Non, ils se tenaient à distance et lui témoignaient un certain respect. Elle se serait presque sentie en confiance.
— Haï ! s’exclama mystérieusement le vieil homme.
La scène, avec sa pointe de suspens, aurait pu être tirée d’un épisode des X-Files, quelques secondes avant l’annonce des publicités.
— Pardon ? finit-elle par répondre, embarrassée. La jeune femme ne comprenait pas ce qu’il disait.
— Cela veut dire hiver en Navarro. Atsà, mon grand-père, dit qu’on a volé l’hiver.
En temps normal, Béatrice n’aurait pas pu réprimer un fou-rire. Cependant, elle ne voulait pas les blesser.
— Écoute… Je suis desolée, j’ignore ton nom. Moi, c’est Béatrice en passant.
— Maïïtsoh, le mot pour « loup » lança-t-il avec un grand sourire.
— Maïïtsoh, il est encore temps d’arrêter ce véhicule et je ne parlerai à personne de… cette rencontre. Je ne sais pas ce que vous voulez mais je ne suis pas psychiatre ou même Harry Potter !
Le regard de Maïïtsoh se voila de tristesse.
— Atsà et moi, nous ne te voulons aucun mal. Il doit obéir à sa vision pour que tu comprennes et que tu nous aides. Tu as ma parole, bientôt tu retrouveras ta liberté.
Tous les voyants du tableau de bord de son esprit rationnel auraient dû virer au rouge. Cependant, Maïtsoh avait l’air sincère et elle se sentait étrangement en sécurité. La camionnette s’arrêta brusquement. Ils descendirent. Les plaines du Nouveau Mexique s’étendaient à perte de vue, comme une constellation de galaxies infinies. Le silence. La brise et ses murmures indicibles.
Atsà s emit à parler et Maïtsoh se mit à traduire aussitôt.
— Jadis, mes ancêtres ont aimé cette terre et elle les a nourris en retour. Tout est un cercle, femme blanche. Le soleil, la lune, le vent qui tourbillonne sur lui-même. Tout est un cycle. La pluie et la sècheresse, la joie et la peine, la vie et la mort. L’un n’a de sens que par rapport à l’autre. Celui qui n’aime pas, possède par la force. Il vit seul sans savoir qui il est. Sans savoir où il va. Si tu veux comprendre ce qui t’entoure, observe et ressens.
La jeune femme regarda autour d’elle. La grande beauté du paysage ne parvenait pas à masquer sa tristesse. Béatrice ôta ses chaussures à talons qui lui paressaient si étroites à présent. Elle posa son pied nu sur le sol craquelé et sentit les blessures de la Terre-mère. Elle caressa l’herbe cassante et jaunie, sèche comme une rivière tarie.
On a volé l’hiver.
La phrase du vieil indien résonna dans son esprit. Il suffisait d’ouvrir un journal ou d’allumer une télévision pour se rendre compte que le climat était devenu un jouet cassé, une machine folle qui s’était emballée. Inondations, sècheresses, famines, déforestation, des torrents de boue et de morts… Il était si facile de se cacher derrière une armée de statistiques qu’on pouvait manipuler à sa guise. Les faits étaient là. Au fur et à mesure que la planète se réchauffait, le cœur des hommes se durcissaient. Béatrice ressentit à nouveau la souffrance du monde. Ce fut brutal. Une larme coula le long de ses joues. Maïtsoh lui prit doucement la main. Sans les mots, ils se comprenaient. Où plutôt, ils comprenaient leurs maux. Leur âme à nu, ils se virent pour la première fois. Lui, la peau cuivrée par le soleil, fait de terre, d’intuitions et de visions. Elle, blanche comme la neige, le fruit de la raison et du rationalisme. Ils étaient l’homme et la femme qui écriraient la suite de l’histoire. Tout se complète et s’unit. La vie, la mort et la seule émotion à les rendre supportables, l’amour. Atsà murmura quelques mots.
— Il dit que tu parles leur langage. Tu dois leur dire avant qu’il ne soit trop tard.
Elle acquiesça. Béatrice le savait, cette expérience était un moment clé de son existence. Plus rien ne serait comme avant. A l’hiver du cœur, venait de succéder la promesse du printemps. Celle d’un second souffle, d’une renaissance.

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Ryuichi Sakamoto, le piano et la recherche de la paix intérieure.

Voici ma dernière obsession musicale qui correspond à ma recherche intérieure. Il y aurait tellement à dire sur la douceur de cette mélodie particulièrement apaisante.

Seuls le piano et son langage pourront sauver le monde à une époque où on se comprend de moins en moins.

C’est un peu le paradoxe d’une époque où les réseaux sociaux n’ont jamais été aussi nombreux et puissants.

Le piano ou l’ Empire du milieu, le parfait équilibre, la paix intérieure. Surtout quand on se sent perdu au beau milieu d’une tempête. tiraillé par le doute, en état d’épuisement moral et physique. Les raisons sont multiples. À cause du travail, à cause de soucis familiaux. Parfois, c’est entièrement de notre faute. À force de toujours donner, de faire passer les besoins des autres avant les siens, on finit par se vider et par réaliser que la seule personne capable de prendre soin de vous, n’est que vous-même.

Quel est le lien entre le piano, l’harmonie intérieure, les gens et cet article ?

Écoutes la mélodie et ce qu’elle dit. Tout est une question d’équilibre. Alors, donne sans t’oublier. Aime, oui aime mais sans te consumer. Aie du cœur mais ne laisse personne le briser.